Mon étoile,
Ce soir, la lune est la même ici et chez toi. Je l’ai regardée longtemps en pensant que tu l’avais peut-être regardée avant moi, ou que tu la regarderais après.
Je me suis demandé combien de fois nous avions pu regarder le même ciel sans le savoir, combien de fois nos regards avaient pu se poser au même endroit, à quelques heures ou quelques minutes d'intervalle. C'est étrange, finalement, de penser qu'il existe encore des choses que nous partageons sans même nous parler.
Je crois que c'est aussi pour ça que j'ai voulu t'écrire ici. Dans cet endroit un peu à part, loin du bruit, loin du temps qui passe et de tout ce qu'on finit par ne plus savoir se dire. Il y a des choses que je garde en moi depuis un moment et que j'avais simplement envie de te confier.
Mey,
Je ne sais pas vraiment par où commencer. Il y a tellement de choses que j'aurais voulu te raconter, tellement de petites pensées que j'aurais aimé partager avec toi, tellement de moments où mon premier réflexe aurait encore été de chercher ton nom dans mon téléphone.
J'ai longtemps cru que perdre quelqu'un, c'était surtout apprendre à vivre avec son absence. Ne plus recevoir ses messages, ne plus entendre sa voix, ne plus raconter sa journée à la même personne. Mais je crois que c'est un peu plus compliqué que ça. Ce qui me semble le plus étrange, c'est de devoir réapprendre à vivre avec toutes ces petites choses qui, autrefois, avaient naturellement leur place auprès de toi.
Il y a des jours où tout va bien. Je travaille, je sors, je ris, je m'occupe, je parle avec les gens. Et puis, sans prévenir, quelque chose me ramène à toi. Une chanson, une expression, une lumière, une anecdote insignifiante. Parfois, c'est simplement un moment de calme. Et pendant quelques secondes, j'ai cette impression familière que je pourrais encore tout te raconter.
Je me rends compte aujourd'hui que tu occupais une place bien plus grande dans mon quotidien que je ne savais le reconnaître.
Je repense souvent à cette manière que tu avais de m'écouter, d'essayer de comprendre ce qui se passait dans ma tête, même lorsque je n'étais pas particulièrement doué pour l'expliquer. Tu faisais partie de ces rares personnes auprès desquelles je n'avais pas constamment besoin de chercher les bons mots. Tu essayais de comprendre mon rythme, mes silences, mes contradictions. Et je crois que c'est une des choses que j'ai le plus regrettées de ne plus avoir.
Je ne vais pas prétendre que notre histoire était parfaite. Nous avons tous les deux eu nos maladresses, nos incompréhensions, nos moments de doute et nos blessures. Il y a des choses que j'aurais aimé faire autrement, comme il y a certainement des choses que nous aurions pu mieux nous dire et mieux comprendre. Mais je ne voudrais pas que tout ce que nous avons vécu soit réduit à ce qui n'a pas fonctionné.
Parce que lorsque je pense à toi, ce ne sont pas seulement les moments difficiles qui me reviennent. Ce sont aussi les soirées qui n'en finissaient pas, les appels qui duraient des heures, les discussions qui partaient de presque rien et finissaient par nous emmener partout. Ces moments où l'on riait pour des choses que personne d'autre n'aurait probablement trouvées drôles. Ces petites habitudes qui n'avaient rien d'extraordinaire et qui, aujourd'hui, ont quelque chose de précieux.
Je me souviens de cette sensation de pouvoir rester des heures avec toi sans avoir besoin de faire quoi que ce soit de particulier. Ta présence suffisait souvent à rendre une soirée plus légère. Et je crois que c'est une des choses qui me manque le plus : cette simplicité.
Tu as été l'une des plus belles rencontres de ma vie, Mey. Et je ne dis pas cela uniquement parce que notre histoire me manque. Je le pense pour la personne que tu es, pour ta sensibilité, ta manière de voir certaines choses, tes petites particularités, et même ces côtés de toi que je ne comprenais pas toujours.
J'aurais aimé avoir davantage de temps pour découvrir encore toutes ces choses. J'aurais aimé connaître les versions de toi que le temps aurait fait naître, les projets que tu aurais réalisés, les endroits que tu aurais découverts, les personnes que tu serais devenue. J'aurais aimé être là pour certains de ces moments, tout simplement.
Je crois que c'est aussi ce qui rend ton absence si particulière. Ce n'est pas seulement le manque de ce que nous avons vécu, c'est aussi celui de tout ce que j'avais imaginé vivre avec toi.
Je ne sais pas si tu as encore parfois cette impression, mais j'ai souvent repensé à notre dernier appel. À ces quelques moments où, malgré tout ce qui nous séparait, j'ai retrouvé quelque chose de familier. J'ai raccroché avec une forme de tranquillité que je n'avais pas ressentie depuis longtemps. C'était simple, presque ordinaire, et pourtant ça m'est resté.
Il m'arrive aussi de rêver que je te retrouve. Dans ces rêves, tu sembles heureuse, apaisée, épanouie. Et moi, je suis simplement là, un peu en retrait, heureux de constater que tu vas bien. Au réveil, il me faut parfois quelques secondes pour retrouver la réalité. C'est étrange de retrouver, même pour un instant, quelqu'un qui a tant compté.
J'ai essayé de prendre de la distance avec tout ça. J'ai rempli mes journées, je me suis occupé l'esprit, j'ai parfois travaillé jusqu'à épuiser mes pensées. Mais j'ai fini par comprendre qu'on ne se débarrasse pas de tout ce qui nous a profondément marqué simplement en remplissant son emploi du temps.
Et je ne voudrais même pas tout effacer.
Je ne voudrais pas oublier ta voix, nos conversations, les petites choses que tu aimais, les détails que j'ai appris à connaître au fil du temps. Certaines personnes nous traversent sans vraiment nous changer. D'autres nous apprennent quelque chose sur nous-mêmes, parfois sans même le savoir. Tu fais partie de ces personnes-là.
Tu m'as appris beaucoup de choses sur la tendresse, sur l'attention, sur ce que signifie réellement essayer de comprendre quelqu'un. Et peut-être surtout sur l'importance de ne pas considérer comme acquises les personnes qui choisissent de nous faire une place dans leur vie.
Je ne sais pas ce que tu penses aujourd'hui de nous. Je ne sais pas si tu repenses parfois à certaines de ces choses avec le même sourire, ni si nos souvenirs ont encore la même place dans ton cœur. Je ne veux pas prétendre connaître tes pensées à ta place.
Mais je voudrais être honnête avec toi sur les miennes.
Je n'ai pas cessé de croire en la beauté de ce que nous aurions pu construire. Je sais que cela peut sembler étrange après tout ce qui s'est passé, et je sais aussi qu'espérer quelque chose ne suffit pas à le rendre possible. Mais quelque part en moi, je n'ai jamais vraiment réussi à considérer notre histoire comme une porte définitivement fermée.
Je ne te demande pas de me promettre quoi que ce soit, ni de regarder notre passé comme moi je le regarde. Je sais que tu as ton propre chemin, tes propres sentiments et tes propres raisons. Je respecte cela, même lorsque je ne sais pas toujours quoi en faire.
Je voudrais simplement que tu saches que, si un jour la vie nous donne une autre occasion de nous rencontrer autrement, avec davantage de maturité, de compréhension et de douceur, je ne serais pas fermé à cette possibilité. Au contraire.
Je ne voudrais pas retrouver exactement ce que nous étions. Je voudrais avoir la chance de découvrir ce que nous pourrions devenir, si un jour nous en avions tous les deux envie.
Parce que je crois qu'il y a une différence entre vouloir revenir en arrière et vouloir encore avancer avec quelqu'un. Et ce que j'aurais aimé, ce n'est pas recommencer notre histoire au même endroit, avec les mêmes habitudes et les mêmes erreurs. C'est pouvoir en écrire une suite différente.
Je ne sais pas si cette suite existe quelque part. Je ne sais pas si elle appartient à un futur possible ou simplement à cette petite partie de moi qui continue d'imaginer les choses autrement. Mais je n'ai pas envie de faire semblant de ne plus y croire simplement pour rendre les choses plus faciles à expliquer.
Alors je vais te laisser ces quelques mots, sans leur demander de changer quoi que ce soit.
Si je devais retenir une seule chose de tout cela, ce serait probablement que je suis reconnaissant de t'avoir rencontrée. Pour les moments que nous avons partagés, pour ce que tu m'as apporté et pour cette partie de ma vie dans laquelle tu as eu une place si particulière.
J'espère que tu continues de regarder le ciel de temps en temps. Que tu prends soin de toi, que tu ris beaucoup, que tu découvres de nouvelles choses et que tu ne perds jamais cette partie de toi qui rend le monde un peu plus beau à sa manière.
Et si jamais, un soir, tu regardes la lune et que tu penses à moi, sache que quelque part, il y aura peut-être encore quelqu'un qui aura levé les yeux au même moment.
Je ne sais pas ce que le temps fera de nous. Mais je sais ce que tu as représenté pour moi, et je ne voudrais jamais réduire cela à une simple histoire qui n'a pas marché.
Certaines rencontres méritent plus que quelques souvenirs rangés dans un coin de notre mémoire. Elles méritent qu'on leur garde une place, sans chercher à les retenir de force.
Alors je te garde une place, Mey. Pas dans un passé où je voudrais te retenir, mais dans cet avenir que, malgré tout, une partie de moi n'a jamais cessé d'imaginer.
Prends soin de toi, ma petite sorcellerie.
Et n'oublie pas de regarder les étoiles de temps en temps.
**On est peut-être loin l'un de l'autre, mais on regarde toujours le même ciel.** Un paragraphe = un <p>...</p>. Ajoes-en autant que tu veux, la page défile.
Avec tout mon cœur